Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog

Aussi loin que je me souvienne...

Depuis aussi loin que je me souvienne, j’aime les histoires.

 

Ce goût m’a conduit vers l’Histoire, grâce aux manuels de l’école primaire des années 60 qui nous entraînaient dans ces tentatives de reconstitution de la vie quotidienne des Gaulois et autres Vikings.

 

Les illustrations étaient sommaires et l’auteur concédait quelques incursions dans les biographies stéréotypées de ces héros qui ont fait la France : Vercingétorix, ce noble perdant, Jeanne d’Arc, cette fille du peuple qui remet son roi sur le trône ou bien ce jeune révolutionnaire de 15 ans qui sera assassiné par ces Vendéens obtus pour avoir clamé avec défi : « vive la République, à bas le Roi ».   

 

Vers l’âge de 14 ans, j’ai accompagné les premiers pas de ma mère dans la généalogie, à travers les registres paroissiaux de la petite mairie du village natal de bon nombre de ses ancêtres.

 

Je crois que j’aimais à la fois l’enquête poursuivie et le déchiffrage de ces actes d’état civil, me prenant sans doute un peu pour Champollion qui a trouvé les clés pour décrypter un monde lointain d’histoires quotidiennes.

 

Si loin et si proche, à l’instar de ce que nous racontent les graffitis de Pompéi.

 

Les actes notariés ont permis ensuite d’entrevoir un peu plus les personnes cachées derrière ces lignées et ces dates et m’ont amené à chasser les singularités au-delà des formules très classiques que l’on y trouve. Cette quête permet parfois de glaner quelques pépites comme cette lettre de Paris d’un orfèvre à sa femme aux fins de l’autoriser à prendre un bail et dans laquelle il se répand sur ses déboires judiciaires.

 

A partir de ces éléments épars, je trouve passionnant d’échafauder et d’ajuster des hypothèses à partir des éléments rassemblés et confrontés avec la grande histoire, dans un constant va-et-vient.

 

Dans ce travail, certains détails initialement négligés prennent un sens particulier tandis que d’autres n’ont pas le relief qu’ils promettaient au départ.

 

Ces très modestes assemblages permettent de donner un peu de chair à ces noms et d’esquisser certaines histoires singulières. C’est ce que je me propose de faire très modestement dans ce blog, tenter d’éclairer des fragments de vie de mes ancêtres, à la lumière de la grande histoire.

 

Recherche

/ / /

 

 

 Je livre ici quelques filiations de familles protestantes de Poitiers que j’ai eu l’occasion de repérer au cours de mes recherches. Il s’agit de  tenter de dénouer un peu ces alliances endogamiques entre familles protestantes de même milieu social qui perdurèrent après la révocation de l’Edit de Nantes et leur abjuration de la foi protestante.

 

Pour avoir une idée du noyau dur de la communauté protestante à une date reculée, on peut se référer à deux actes.

 

En 1600, un contrat prévoyant des travaux dans le temple est signé (ADV minutes Chesneau E4-27-46).    Ce document fait état de François de Vertunien, docteur régent à la Faculté de Médecine, Antoine de La Duguie, docteur régent à la Faculté de Droit, Jacques Esnault, sieur des Cloistres, Jehan Alexandre, sieur de Vauroux, contrôleur général des finances, Isaac de Marconnay, sieur des Gardes, élu, Jean Durand, receveur des tailles, Isaac Peron, sieur de la Brossardière, Daniel Léaud, sieur de Cougnac, greffier au présidial, François Burcerot, Antoine et Jehan Pioger, procureurs, Jehan Delugré, Pierre Goyard, huissier au bureau des finances, Pierre Demayré, chirurgien, Jehan Delacourt et Pierre Herbault, marchands, Jehan Delalou, maître tailleur.

 

En 1607, c’est l’acte de discipline de l’église de Poitiers qui est établi (manuscrit conservé à la médiathèque de Poitiers sous la référence ms 296 (72)). Il est signé par les 25 membres du consistoire. On y distingue les signatures de J. Clémenceau (pasteur), Allonneau, Bardonnet, Jacques Cottiby, Demayré, Esnaud, Lecoq, Liège (probablement Antoine Liège[1] qui a fait partie des émissaires du consistoire auprès du maire pour l’établissement d’un temple en dehors des murs en 1599) , A. Malleray, Pain, Manceau, Parent, Simonnet, E. Viollette, I. Péron, J. Bobin, J. Robin, Delacourt, Pain, Girard, Besly …

 

Outre ces quelques chefs de famille on trouve des familles possiblement originaires de Poitiers (Bourceau, Boursault, Delaporte, Brucelle) et d’autres originaires de localités voisines, dont l’installation à Poitiers conduit à renforcer la communauté initiale.

 

En provenance du voisinage immédiat de Poitiers, des familles venaient probablement de Lusignan ou de Montreuil Bonnin (Ripault, Moussaulx, Deschamps, Boumard, Fradin), de Chatellerault ( Mitault, Berthon, Grimaudet), de Civray et sa région (Ingrand, Vaugelade) voire du bas Poitou (Julliot, Bernardeau, Malleray) ou de la Touraine (Guillemot en provenance de Preuilly sur Claise).

 

Certains membres de la communauté comme André Malleray sont considérés comme les représentants qualifiés de la communauté protestante de la ville[2]. Ce magistère perdure apparemment dans cette famille, un Malleray intervenant fréquemment comme témoin des abjurations intervenues en 1685 à Poitiers afin d’encourager ses coreligionnaires à franchir le pas.

 

L’origine de ce magistère réside probablement dans la fortune, Colbert de Croissy notant dans son « Estat du Poitou » en 1661 que les familles Malleray et Lecoq sont « riches et considérables ».

 

Les filiations qui suivent sont forcément très incomplètes et ne permettent de donner qu’un aperçu des liens qui ont uni les quelques familles référencées. Les informations récoltées proviennent des archives départementales de la Vienne complétées, le cas échéant par des données contenues dans la base de geneanet.

 

J’ai eu également recours à l’Etat des nouveaux convertis de Poitiers établi en 1698 sur ordre de Gilles de Maupeou d'Ableiges l’intendant du Poitou à partir des informations des curés (A.D.V série C 54, la transcription ayant été reprise d’un article de Jean-Luc Tulot “ Essai pour une histoire de l’Eglise réformée de Poitiers au temps de l’Edit de Nantes ”, Cahiers du Centre de Généalogie Protestante, N° 69, Premier trimestre 2000, p. 32-47), lorsque le dit registre contient des indications sur les personnes listées ci-dessous.

 

Pour boucler l’exercice, je livre les autres personnes recensées dans l’Etat des nouveaux convertis de 1698 dont les liens familiaux ne sont pas développés ci-dessous.

 

[1] « Poitiers à l’âge baroque 1594-1652 » - Jean Pierre Andrault voir page 382

[2] Même ouvrage page 580

 

 

 

poitiersprotestants17erecadré-copie-4

 

Carte des paroisses de Poitiers en 1691

 

BOBIN

 

Gédéon Bobin, frère d’Esther et de Jeanne qui suivent, marié à Françoise Liège (voir "Liège"). Il serait le fils de Jean Bobin, sieur de Fressanges, marchand de draps à Poitiers.

 

Esther Bobin (née vers 1646 décède le 11 juin 1718 – Saint Didier à l’âge de 72 ans), épouse d’Isaac Pellerin Ils eurent une fille, Marie Gabrielle né le 30 janvier 1687 à Saint Didier (le parrain Antoine Mervache et la marraine Gabrielle Bernardeau) qui décède 3 ans plus tard (30 novembre 1690) et une autre fille, Louise, qui se marie avec Philippe Lefèvre, marchand, le 21 février 1708 à Saint Didier (fils d’Isaac Lefèvre et de Claude Doüis, de la paroisse de La Riche à Tours).

 

Peut être est-ce la «prédicante » dont il est question dans une lettre d’un des ministres du roi à l’intendant du Poitou selon laquelle « … les nommées Garnier et Bobin font les prédicantes et causent une grande rebellion parmi les religionnaires du pays. S(a). M(ajesté). juge à propos de les faire mettre à l'Union chrétienne ».

 

Jeanne Bobin mariée avant 1667 avec Gabriel Bernardeau, mariage dont sera issue Gabrielle Bernardeau (1667-1751). Elle décède avant 1681, année au cours de laquelle, Gabriel Bernardeau se remarie avec Catherine Mitault (fille de François Mitault et de Marie Bobin).

 

Daniel Bobin réfugié en Angleterre puis naturalisé pourrait être le frère des précédents.

 

A noter que dans le registre des nouveaux convertis de 1698, il est dit que « Le Sr. Bobin, marchand et sa femme n'est pas tout à fait bien converti. Peut avoir un cavalier. »Il s’agit probablement de Gédéon Bobin et de sa femme.

 

BERANGER

 

Deux frères sont recensés :

 

Daniel Béranger, sieur du Teil épousa Marie Gobert. Ils eurent au moins une fille, Suzanne qui se maria avec Charles Dumoutier, avocat au présidial, fils d'Etienne Dumoutier et de Jeanne Dumont.

 

Charles Béranger, sieur des Forges qui épousa Jeanne Gobert. Ils eurent trois enfants : Jeanne, Jacques et Suzanne.

 

BOURCEAU-BOURSAULT-ROBIN

 

Marie Bourceau née vers 1611, veuve Mallard, abjure le 5 octobre 1685.

 

Le 24 septembre 1657 est enterrée dame Marie Bourceau, fille de mr Bourceau, huguenot, après s’être convertie au catholicisme.

 

Anne Bourceau née vers 1615 mariée à Houdayer, abjure le 4 octobre 1685 à Saint Didier. Anne Bourceau est inhumée le 13 août 1690 (Saint Didier), en présence de ses filles.

 

Le même jour sa fille Marie Houdayer abjure également, elle est née vers 1645.

 

Dans son testament (du 19 septembre 1718 chez Ligonnière (ADV-4E25-79), Marie Houdayer légue une partie de ses biens à Marie Bourceau "ma cousine, fille de défunt David Bourceau, avocat au présidial, mon cousin". Elle évoque également dans son testament, son cousin Pierre Bourceau, sieur de la Touche, probablement un des enfants de Charles Bourceau qui suit.

   

Charles Bourceau, sieur de la Touche, avocat au présidial marié à Ester de Raffou. Il s’est converti au catholicisme le 22 avril 1666 à Saint Porchaire. Il eurent plusieurs enfants dont Marie Bourceau née vers 1648 qui se marie une première fois le 8 janvier 1674 avec Michel de Veillechèze à Saint Didier. Sont mentionnés René et Antoinette Bourceau (frère et sœur de l’épouse). Ils auront probablement eut également Pierre, évoqué ci-dessus. En secondes noces, elle se remarie avec le 28 janvier 1687 (St Didier folio 60) en seconde noces avec Charles Penissaud, sieur de Beauregard, avocat au présidial en présence de Marguerite Bourceau et d’Anne Garnier (femme de Philippe Liège). Elle décède en février 1723 (son fils du premier lit est le curé de Saint Didier à cette date).

 

Jacques Bourceau, procureur, marié à Marie David.

Ils auront Madeleine qui abjure en 1682 à l’âge de 30 ans et Jehan qui décède le 12 décembre 1678 (Saint Didier vue 28/108) qui est dit « converti depuis quelques temps ». Son père est déjà décédé au moment de son décès.

 

Daniel Boursault, menuisier, et Jeanne Lavergne mariés en février 1665 à Poitiers. Lui est le fils de Cosme Boursault, maitre menuisier, à Chauvigny et de Madeleine Chollet. Elle est la fille de Pierre Lavergne (voiturier à Lusignan) et de Jehanne Allard. Au moment de son mariage elle est fille chambrière chez Isaac Maleray sieur de la Perine (époux de Marie Tixier). Elle abjure le 23 septembre 1685, paroisse de Saint Didier. Il décède le 28 aout 1693 à Saint Didier.

 

Marie Bourceau (née vers 1640), femme de Gédéon Ducoux, tailleur d’habits qui auront au moins une fille Marguerite. Elle est inhumée le 4 décembre 1719 (Saint Didier) en présence de son mari et de ses enfants, après avoir abjuré en mai 1715, en présence de sa fille aînée Marguerite Ducoux.

 

Il est précisé dans le registre des nouveaux convertis de 1698 que « Ducoust tailleur d'habits et sa femme, fort âgées et fort mal à leur aise. Très mal convertis. Peuvent avoir un cavalier ».

 

Jacques Bourceau marié à Marthe Gast. Leurs enfants abjurent le 5 mars 1682 dont Marguerite (née vers 1662), Jacques (né vers 1664), Armand (né vers 1669). Marguerite se marie avec le 26 février 1686 à Vendeuvre avec René Gonelle, sieur de Baillan, en présence notamment Jacques Bourceau et de Marthe Gast et d'un J. Robin, ce qui laisse supposer que ce dernier est un cousin (fils de Jean Robin et Marie Bourceau (voir filiation ci-dessous)) et que Jacques Bourceau était donc en réalité le frère de cette dernière.

 

Décès d’un enfant de mr Bourceau, avocat, le 14 avril 1689 à Saint Didier. Sont présents son père sa mère et ses soeurs. Il s'agit peut-être de David Bourceau, évoqué ci-dessus.

 

Il est précisé dans le registre des nouveaux convertis de 1698 que « Le Sr. Boursault, avocat, pauvre, fait bien son devoir aussy bien que ses filles. Sa femme n'est pas si bien convertie. Méritte néanmoins d'estre traitté comme un ancien catholique. »

 

Marguerite Bourceau veuve Delage décède en août 1719. Sur le registre paroissial de Saint Didier (acte du 15 août 1719), il est indiqué qu’elle a « reçu les sacrements avec beaucoup de piété et après avoir mené depuis sa conversion à la religion catholique une vie des plus édifiantes, n’étant occupée que de la grande affaire de son salut et s’étant entièrement employée au soulagement des pauvres ».

 

La femme du sieur Bourceau décède le 2 février 1691 à Sainte Triaise, «laquelle avait été de la religion prétendue réformée ».

 

Pascal Boursault (né entre 1649 et 1659), maître chapelier de la paroisse de Saint Germain, marié en premières noces avec Nicole Nermain le 20 janvier 1688, en présence de ses cousins Jean et Jérôme Boursault. Ils eurent Louis François baptisé le 3 octobre 1689 et Antoinette (baptisée le 1er février 1697). Il se remaria en seconde noces avec Marie Barbe en janvier 1700.

 

Il est noté dans le registre des nouveaux convertis de 1698 pour la paroisse de Saint Germain que « Le nommé Boursault, chapelier, (ainsi que La dame Jacob, fille, la veuve de Pierre Girardin, avocat et son fils, Jean Germain père et fils, Goudot et ses enfans et Abria ainsi que la veuve de son frère Jean Abria) font tous bien leur devoir. Méritent d'estre traitté favorablement. »

  

Le 4 janvier 1719 décède à Saint Cybard, Jean Bourceaux, âgé de 76 ans et « ayant renouvelé son abjuration ».

 

Jean Robin et Marie Bourceau (née vers 1637) mariés en février 1665 à Poitiers. Il est le fils de Jehan Robin procureur et notaire demeurant au bourg de Sanxay et de Philippine Faureau. Marie Bourceau est la fille de  Jacques Bourceau, sieur de Saint Martin, procureur au présidial et de deffunte Suzanne Lussault.

 

Marie Bourceau abjure le 30 septembre 1685 et  son mari deux jours plus tard à l’âge « de 40 à 50 ans ». Marie Bourceau « veuve Robin » décède le 22 février 1707 (St Didier folio 29 en marge), en présence de ses enfants.

 

Ce couple aura :

 

- Marie-Madeleine Robin née en 1670. Marie Madeleine Robin abjure à l’âge de 15 ans le 1er octobre 1685, paroisse de Saint Didier puis se marie à Jean Mervache, orfèvre, le 4 novembre 1700 à Saint Didier.

 

- Jean Robin, avocat au présidial (nouveau converti au moment de son décès en janvier 1697 à Saint Didier) marié à Catherine Thomas, le 23 février 1688 à Saint Didier (Elle est la fille de René Thomas et de Françoise (?) Barraud). Ce couple eut Marie Catherine Robin (née le 8 décembre 1689 Saint Didier), Julien David Robin (né le 23 août 1694), Jeanne née en 1696

 

-Suzanne Robin (?), qui décède le 2 mars 1686, « nouvellement convertie à la foi catholique ». Présents ses frères et sœurs

 

-Marguerite Robin, se marie à Saint Didier (vue 79/114) le 12 février 1697 avec Jérémie Guyonnet de Baigneau, paroisse d’Exoudun (« qui ont satisfait à leurs devoirs de catholique »).

 

 

Etat des nouveaux convertis de 1698 : « La dame Robin et ses enfants font fort bien leur devoir et l'on toujours fait depuis leur conversion. Mérite d'estre traittée comme les anciens catholiques. »

 

DELAPORTE

 

La famille Delaporte était une famille d’huissiers et de greffiers de justice.

 

Isaac Delaporte (né vers 1631 et décédé le 8 septembre 1687), greffier au tribunal marié à Louise Baugier (née vers 1640). Ils abjurent tous les deux à Saint Didier le 18 août 1685.

 

Ils eurent :

 

1) Isaac Delaporte (né vers 1670) qui abjure le 22 août 1685 à Saint Didier, greffier en chef du siège présidial. Il se marie avec Jeanne Jouard le 2 février 1694 (une Jeanne Jouard est mentionnée comme ayant abjuré à l’âge de 25 ans dans le rôle des nouveaux convertis). Sa mère signe et n’est donc pas décédée. Ils eurent notamment un enfant, Pierre, né le 28 novembre 1695.

 

2) Jacques Delaporte (né vers 1654 et décédé « nouveau catholique » le 11 juin 1692 à Saint Didier « en présence de ses frères »), sieur des sables, probablement frère du précédent qui abjure le 20 août 1685 Il était le mari de Marguerite Fradin qui décéda le 29 mai 1687 (nouvellement convertie à la foi catholique).

 

Ce couple eut au moins deux filles (1) Marguerite Delaporte qui abjure le même jour que son père (alors âgée de 5 ans). Elle épouse le 2 mai 1708, Pierre Berland (fils majeur de feu Pierre Berland et de Marie Mitault de la paroisse de Saint Saturnin). (2) Louise Delaporte, née le 17 février 1686 à Saint Didier. La marraine fut Louise Baugier (sa grand-mère) et le parrain David Garnier (le beau-père de Philippe Liège).

 

3) Marie Delaporte (probablement une sœur des précédents) épousa Pierre Fradin le 25 septembre 1691 à Saint Didier. Signèrent Jean Mervache et Marie Chasot.

 

daumier gens-de-justice1-1

 les gens de justice croqués par Daumier

 

GUILLEMOT

 

Dans le rôle des nouveaux convertis à partir de l’année 1682, Dans la paroisse de Notre Dame la Petite, un Jean Guillemot, marchand, âgé de 60 ans est recensé comme ayant abjuré. Il s’agit peut être du père de Salomon Guillemot qui suit (fils de Jean Guillemot et de Jeanne Piozet qui sont originaires de Preuilly sur Claise).

 

Salomon Guillemot « le jeune » (nouvellement converti de la paroisse de Notre Dame la Petite en date du 6 janvier 1686 à l’âge de 30 ans) marié à Marie Ingrand, le 29 août 1687 à Saint Didier. Signent M Grimaudet et J Guillemot.

 

Ils auront un fils Jean Guillemot né le 21 septembre 1690 baptisé à ND la petite. Le parrain est David Garnier, maître apothicaire, qui est peut être le père d’Anne Garnier (voir « Liège »). Dans le rôle des nouveaux convertis, un David Garnier, apothicaire, a abjuré en 1682 à l’âge de 50 ans.

 

Etat des nouveaux convertis de 1698 pour la paroisse de Notre Dame la Petite : Le sieur Portal, banquier, ne fait nullement son devoir, mais n'est sujet au logement » (il s’agit de Jean-François Portal époux de Françoise Grimaudet qui partit ensuite en Angleterre et fonda la dynastie des fournisseurs du papier monnaie utilisé pour la Livre Sterling). A la suite, c’est probablement Salomon Guillemot qui est évoqué (« Le sieur Guillemot, idem. ») dans une annotation mystérieuse (ne faisait-il pas  « son devoir » tout en étant exempté de la taille ?). A noter que l’exemption du logement de la troupe concernait des personnes exemptées du paiement de la taille.

 

Plusieurs Garnier sont également évoqués dans l’état des nouveaux convertis de 1698 pour la même paroisse. « Le Sr. Garnier et sa femme, marchand, fait mal son devoir. Peut avoir un officier. Le Sr. Garnier, apotiquaire, idem. » Par ailleurs, un autre dénommé Garnier apothicaire est évoqué (probablement le frère du précédent) mais celui-là fait apparemment bien « son devoir ».

 

Les familles nouvellement converties de Poitiers citées dans le registre de 1698 par paroisse 

 

Dans la paroisse de Saint Didier on identifie le « Sr. Cibot (qui) n'est pas des mieux convertis (il s’agit d’Antoine Cibot, marchand). Ses filles faisant « bien leur devoir » de catholique.


Le Sr. Duclos, marchand pelletier (qui ne « fait point son devoir non plus que sa femme »).

 

Le Sr. Chabot marchand de toile (« mal aisé, paroist assez bien converty et envoie régulièrement ses enfans au cathéchisme. Mérite d'estre traitté comme un ancien catholique »).

 

Le sieur Demaugé, orfèvre (il s’agit de Pierre Demaugé qui avait épousé le 2 février 1684 au temple de Saumur Marie Beauvais) qui « fait bien son devoir » mais sa femme est fort opiniâtre.

 

Le sieur David, autrefois marchand qui est fort mal converti.

 

Le Sieur Garnault, horloger, ainsi que le sieur Pellerin, ancien converti (qui fait bien son devoir).


Dans la paroisse de Notre Dame la Grande, on recense, « la veuve Cottiby » qui « est aisée, mais chargée de famille. Elle rend régulièrement le pain béni en sa paroisse et assiste les pauvres. »


M. Gibard, marchand, qui ne fait pas son devoir ainsi que « Charlier frère ».


On recense également un certain Pelisson (a-t-il des liens familiaux avec les autres Pelisson recensés?) qui est « marchand, fabriqueur de sa paroisse » et « fait mal son devoir de catholique ».


Dans la paroisse de Saint Pierre L'Houstault, seule Madame Desloges est mentionnée.

 

Dans la paroisse de Notre Dame la Petite, on recense le Sr. Mary et sa femme (qui demeurent) avec le Sr. Garnier apothicaire. On recense également les sieurs Hoissard et leur sœur, la dame veuve Coûtant, la femme du sieur Poirier chirurgien.

 

On trouve également « le Sr. Isaac Dupont et sa femme (Marie Cottiby)  qui font mal leur devoir » et « méritent un cornette ou deux cavaliers. »


La veuve Girard fait également mal son devoir et « Mérite un cavalier » aussi bien que le Sr. Pelletier.

 

Seuls le sieur Jean Brucelle perruquier, Alexandre, horlogeur, Garnier, apothiquaire et la « dame de Garsan, femme de texier, maître pâtissier font bien leur devoir méritent d'estre taillé favorablement ».


Dans la paroisse de Saint Paul, on trouve André Luc, maître coutelier et sa femme (il s’agit d’André Luc et de Catherine Demaugé sa femme).


Dans la paroisse de Montierneuf, le nommé Paleau bonnetier et sa femme « méritent un logement suivant ses facultés ». Le Sr. Pillot procureur « fait fort bien son devoir. Mérite d'estre taillé favorablement ». Dans la même paroisse il est également question d’Abraham Germain, cordier.

 

Dans la paroisse de Saint Opportune, sont mentionnés Jacques Borne (qui avait été installé le 5 mai 1688 trésorier au bureau des finances de Poitiers) et René Cottiby, banquier et lieutenant de milice (marié à sa cousine Marie Cottiby).


A Saint Cybard sont mentionnés « la demoiselle Pin » ainsi que le « Sr. Pin, gentilhomme » sans plus de précisions (il doit s’agir de personnes appartenant à la famille Pain) ainsi que « la fille Girard, fille et fort pauvre ». Sans plus de précisions également pour « le nommé Mosnier, tireur d'estain », « la femme du Sr. Jardel, docteur en droit (qui est peut-être Gabrielle Bernardeau) ou le sieur Levesque et mademoiselle Dumoustier.

 

Sont mentionnés également le sieur Bigreau (Gabriel Biguereau, avocat au parlement) et le sieur Vaugelade et sa femme (Olivier Vaugelade d'une famille réformée de Civray et Marthe Berthon, son épouse. Ils s'étaient mariés le 7 janvier 1697 dans l'église Saint Cybard).

 

« La veuve Piogé apotiquaire est (jugée) très dangereuse et gaste beaucoup de jeunes filles » (il s’agit probablement d’Emilie Neveu, veuve de Piogé apothicaire).


Egalement « les trois soeurs nommées Maria, petites marchandes » ainsi que les deux "Baronnes (Baron ?), sœurs, couturières".


Le registre cite également le « Sr. Dunoyer, procureur, charge d'enfans (qui) assiste à la messe mais sa femme et sa mère sont mauvaises converties » (Isaac Dunoyer, procureur au présidial de Poitiers et Marguerite Poignand son épouse. Ils s'étaient mariés le 8 février 1689 dans l'église Saint Cybard).


On trouve aussi pour cette paroisse, la demoiselle Garnier, la veuve Chenier (« pauvre et mal convertie »), le sieur Royer, procureur, garçon, la demoiselle de Prensac mal convertie et dangereuse, la veuve Fouché, la veuve Duplanty (« depuis peu dans la paroisse n 'est point connue pour faire son devoir »), le sieur de Montfraud (René Bouthet, sieur de Montfrault à la Celle-l'Evescaut, conseiller du Roi, élu en l'élection de Poitiers qui était marié à Françoise Pain et qui firent baptiser Jean (31 octobre 1692), Françoise-Renée (4 mai 1694).

 

Sont également cités, le sieur de Bonneval dont la femme est « mal convertie » (Jean-Baptiste de Bonneval, commissaire des manufactures de la généralité du Poitou, avait épousé le 4 juin 1691 dans l'église Saint Cybard Marie Gilbert) et le sieur Herpin, médecin, dont la femme « s’est baucoup relaschée de son devoir » (Le docteur en médecine Jacques Herpin avait épousé le 26 novembre 1687 dans l'église Saint Didier Suzanne Cybot)

 

On trouve enfin la demoiselle La Grossinière qui « n'est point riche  (et qui a) quatre garçons au service du Roy dans la marine. Cette mère fait fort mal son devoir. Ses enfans qui sont au service du Roy méritent quelques réflexion. Cependant on peu luy donner un cavalier. »


Dans la paroisse de la Résurrection est mentionnée Marie Luc « (qui) fait fort bien son devoir de catholique ».


Méritent enfin d’être citées Marie Anne Piogé (belle-sœur d’Emilie Neveu ?) qui passa sept années au couvent ou bien la dame Cibot internée huit ans en prison puis expulsée  faute d'avoir pu être amenée à la foi romaine ainsi que les demoiselles Beaupoil et Ingrand de la Dornalière, « mauvaises converties de cette ville » et pour lesquelles ordre fut donné de les mettre à l'Union chrétienne de Poitiers en 1697.

 

Partager cette page

Repost 0
Published by