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Aussi loin que je me souvienne...

Depuis aussi loin que je me souvienne, j’aime les histoires.

 

Ce goût m’a conduit vers l’Histoire, grâce aux manuels de l’école primaire des années 60 qui nous entraînaient dans ces tentatives de reconstitution de la vie quotidienne des Gaulois et autres Vikings.

 

Les illustrations étaient sommaires et l’auteur concédait quelques incursions dans les biographies stéréotypées de ces héros qui ont fait la France : Vercingétorix, ce noble perdant, Jeanne d’Arc, cette fille du peuple qui remet son roi sur le trône ou bien ce jeune révolutionnaire de 15 ans qui sera assassiné par ces Vendéens obtus pour avoir clamé avec défi : « vive la République, à bas le Roi ».   

 

Vers l’âge de 14 ans, j’ai accompagné les premiers pas de ma mère dans la généalogie, à travers les registres paroissiaux de la petite mairie du village natal de bon nombre de ses ancêtres.

 

Je crois que j’aimais à la fois l’enquête poursuivie et le déchiffrage de ces actes d’état civil, me prenant sans doute un peu pour Champollion qui a trouvé les clés pour décrypter un monde lointain d’histoires quotidiennes.

 

Si loin et si proche, à l’instar de ce que nous racontent les graffitis de Pompéi.

 

Les actes notariés ont permis ensuite d’entrevoir un peu plus les personnes cachées derrière ces lignées et ces dates et m’ont amené à chasser les singularités au-delà des formules très classiques que l’on y trouve. Cette quête permet parfois de glaner quelques pépites comme cette lettre de Paris d’un orfèvre à sa femme aux fins de l’autoriser à prendre un bail et dans laquelle il se répand sur ses déboires judiciaires.

 

A partir de ces éléments épars, je trouve passionnant d’échafauder et d’ajuster des hypothèses à partir des éléments rassemblés et confrontés avec la grande histoire, dans un constant va-et-vient.

 

Dans ce travail, certains détails initialement négligés prennent un sens particulier tandis que d’autres n’ont pas le relief qu’ils promettaient au départ.

 

Ces très modestes assemblages permettent de donner un peu de chair à ces noms et d’esquisser certaines histoires singulières. C’est ce que je me propose de faire très modestement dans ce blog, tenter d’éclairer des fragments de vie de mes ancêtres, à la lumière de la grande histoire.

 

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Shubert Sonate en do majeur D 959 - deuxième mouvement

Vue de Poitiers 1699

Vue de Poitiers 1699

 

 

Autres abjurations relevées au fil des actes à Poitiers

 

Paroisse de Notre Dame la grande

 

20 aout 1685 : abjuration de Marie Lavairé en la maison de la dame Roux veuve de Nicolas Roux.

 

Le même jour, abjuration d’Elisabeth Pelletier en la maison de la dame Roux veuve de Nicolas Roux paroisse de Notre Dame la grande.

 

Le 3 octobre 1685 : abjuration de Marie Regnault, femme de Denis Moussaux, marchand en cette ville (Notre Dame la grande).

 

Le même jour, abjuration de Françoise Cloux, née à … servante de dame Besson de cette ville (Notre Dame la grande).

 

Le 5 octobre 1685 : abjuration de Daniel (?) Lacroix. Signent J.Verdon, L. Verdon, Métayer (Notre Dame la grande).

 

20 décembre 1685 : abjuration de Pierre Richard, de la paroisse de Saint Pierre de Melle (Notre Dame la grande).

 

6 avril 1686 : abjuration de Louis Dupas de cette paroisse (Notre Dame la grande).

 

3 juin 1686 : abjuration de Jeanne Lauguion, fille de mr Isaac Lauguion et de Marie Nodé.

 

5 janvier 1689 : abjuration d’Isaac Bacouneau, chirurgien à Niort, fils d’André Baconneau et de Suzanne Laurens

 

Paroisse de la Résurrection

 

16 mai 1685 : abjuration de Judith Daillié, femme de Job Beaupoil, huissier à Chatellerault, âgée de 45 ans. Elle abjure à l’abbaye de la Trinité. Signent des religieuses ainsi que Beaupoil et « Desaulx missionnaire ».

 

Judith Daillé était la fille de Jean Daillé, marchand et de Judith Pelletier. Jean Daillé était le neveu du célèbre pasteur Jean Daillé (1594-1670) et le cousin de Jean Daillé, pasteur également (époux d'Anne Falaiseau) qui a fuit le royaume au moment de la révocation.

 

Elle se maria le 8 mai 1672 avec Job Beaupoil, sieur des Yvons, huissier à Châtellerault et archer de la maréchaussée (ADV - registres protestants de Châtellerault).

 

Job était le frère de Pierre Beaupoil et avait abjuré un an auparavant le 3 mai 1684, à l'âge de 46 ans, devant Honoré Chaurand, prêtre de la Compagnie de Jésus (paroisse de Saint Jean Baptiste (ADV - vue 7/117)). Il revint au temple de Châtellerault peu après, "ce qui servit de prétexte pour faire démolir l'édifice et interdire le culte" et conduisit au prononcé d'une condamnation comme relaps à son encontre (Histoire des protestants et des églises réformées du Poitou - volume 3, A. F. Lièvre).

 

Paroisse de Notre Dame de la Chandelière

 

7 octobre 1685 : abjuration d’Isaac Richard, âgé de 32 ans de la paroisse de Romagne. Signent Cuirblanc (2), Giraut, Chauvin.

 

Paroisse de Saint Michel

 

10 octobre 1685 : abjuration de Jeanne Trotin, veuve de feu Mathurin Maurigeon, et Jeanne Maurigeon sa fille, paroissienne de Saint Cybard de Latillé ;Signent Marguerite Maurigeon, Etienne Thibault, Dessé.

 

Paroisse de Saint Germain

 

Le registre est brûlé en son centre ce qui conduit parfois à tenter de deviner la nature de l’acte. Ci-dessous quelques abjurations.

 

19 août 1685 : abjuration de Pierre Jacob, procureur, en présence de « monsieur le Maire de cette ville, Claude Legier, conseiller, mr Antoine Arnould, procureur de la police, Pierre Nattron (?), directeur des aides, Antoine Bourbeau, notaire royal … »

 

21 aout 1685 : abjuration de Jeanne et Catherine Germain, âgées respectivement de 16 et 12 ans

 

Date indéterminée : abjuration de X Bourceau, en présence Joubert vicaire, Pierre Marot, Jean Sinaudeau, signent aussi « Paschal Boursault », Petit, Marsillé.

 

5 octobre 1685 : abjuration de Noémie et Madeleine Sabourin, en présence de Claude Légier, conseiller au présidial et Joubert vicaire ?

 

11 octobre 1685, abjuration d’un enfant de 15 à 16 ans, en présence de Jean et d’Abraham Germain.

 

18 octobre 1685 : abjuration d’Antoine Abria et de Marie ? son épouse.

 

30 décembre 1685 : abjuration de Pierre Hauard, de la paroisse de Saint Pierre de Sanxay.

 

Janvier 1686 : abjurations de Madeleine Pelugré ( ?) et de Madeleine Girardin, en présence de Charles Dumontier, avocat au Parlement et d’Isaac Ingrand

 

9 février 1686 : abjuration de Mathurine de la Ratte et Joseph (illisible). Signent Thomas Babin et Jeanne Germain

 

11 février 1686 : abjuration de François Quintal, valet domestique de mr Nicolas Lhuillier, sieur de Fougère. Présents Sinaudeau, Babin, Lhuillier.

 

16 février 1686 : abjuration d’Isaac Braud et de Marie Braud, sa fille de Saint André de Lusignan en présence de mr de la Touraine de Lusignan (signe Lauvergnat !) de mr Delaporte et de Channin.

 

Paroisse de Notre Dame la petite

 

Cette paroisse révèle un nombre conséquent d’abjurations surtout intervenues tardivement entre janvier et mai 1686, puis, de manière plus anecdotique en 1687.

 

Il est intéressant de relever qu’un personnage comme Gabriel Biguereau, avocat au Présidial (ancien protestant) assiste fréquemment à ces abjurations. Peut-être est-il un personnage exerçant un certain magistère sur les protestants de la paroisse, à l’instar de Malleray pour Saint Cybard.

 

19 août 1685, abjuration de dame Marie Chevalier, âgée de 82 ans, veuve de feu sire Claude Gratignel (?), vivant marchand potier d’estain, de la paroisse de Notre Dame la Grande. Signe Marie Chevalier

 

3 octobre 1685, abjuration de sire Pierre Davy (époux de Marie Faureau puis de Marthe Pelletier fille de Maurice Pelletier et de Marthe Herbault), âgé de 50 ans, marchand. Signent Davy, M Babinet, P Bouhier.

 

5 octobre 1685, abjuration de Jean Morillon, âgé de 28 ans, potier d’étain, natif de la paroisse de Pranzay.

 

2 décembre 1685, abjuration de Jacques Hoissard, marchand de la paroisse de Notre Dame la petite, âgé de cinquante ans.

 

22 décembre 1685, abjuration de François Barbier, âgé de 37 ans, de la paroisse de Saint Didier et de son fils François, âgé de 12 ans. En présence de  M le Maire et capitaine de cette ville, du sieur Pierre Dupont et d’autres soussignés.

 

30 décembre 1685, abjuration de Mathieu Batailler, ci-devant notaire à Latillé, en présence de Mathurin Landays, procureur au siège présidial

 

30 décembre baptême de Jeanne, fille de Charles de Guillon (…) et d’Elisabeth Garnier son épouse, a été parrain, David Garnier, maître apothicaire et Suzanne Garnier, femme de Pierre Moret (de la Fayolle ?) avocat au Parlement. « Le père n’a été (présent ?) au baptême n’ayant (pas) abjuré la R.P.R. non plus que son épouse ».

 

3 janvier 1686, abjuration d’Isabelle Davy, femme de Thomas Garnier, marchand, en présence de Pierre Legier, conseiller du roi, Millorit, prêtre. Signe aussi Garnier.

 

3 janvier 1686, Jean Dinand, avocat au Parlement de cette ville, de la paroisse de Saint Didier, âgé de 30 ans ; en présence de François Barbier, bourgeois de Poitiers et François Girardin, avocat au Présidial.

 

4 janvier 1686, abjuration de Sarra Bernard, âgée de 22 ans, native de Lusignan « demeurant depuis neuf ans en la maison de m. Guillemot marchand dans cette paroisse ». Sont présents notamment Jean Garnier (« acolithe » ?) et Jacques Bouin, marchand.

 

Le même jour, abjuration de Marguerite Braconier, « fille, âgée de 26 ans, native de Nyort, demeurant depuis 6 mois en maison de mr. Davy, marchand ».

 

5 janvier 1686, abjuration de Louise Piozet, femme du sieur David du Carouet (?), marchand, en présence du sieur Isaac Ménager, chirurgien, Jacques Hoissard, avocat et de Delacourt (signe Delacourt le jeune).

 

5 janvier, abjuration de Marthe Herbault, femme du sieur Maurice (Le) Pelletier et de ses trois filles, Elisabeth, Françoise et Jeanne. Furent présents, David Garnier, maître apothicaire, Jacques Hoissard, avocat et de Le Pelletier.

 

6 janvier, abjuration de Salomon Guillemot, âgé de trente ans, « fils de monsieur Guillemot, marchand » en présence de « monsieur le maire et capitaine de cette ville ». Il signe « Guillemot le jeune ».

 

7 janvier 1686, abjuration d’Eléonore Chaigneau, fille de feu Joseph Chaigneau, sieur du Landonnier, avocat ducal à Parthenay, en présence de « monsieur le Président, madame la Présidente et mr Gabriel Biguereau, avocat en Parlement ».

 

Le même jour abjuration d’André Royer, natif de Loudun demeurant au logis de Gabriel Biguereau, avocat au Parlement et abjuration de Catherine du Mayré, fille majeure de feu Simon du Mayré, docteur en médecine et demeurant au même logis. Fait en présence de Gabriel Biguereau et de mr Mathurin Chevallier, sergent royal.

 

Le 10 janvier 1686, abjuration de Suzanne Rogier, veuve de feu Pierre Chameron, en présence de Gabriel Biguereau et de René Izory.

 

Le 14 janvier 1686, abjuration de Jeanne Common, veuve de feu Jacques Chartier, vivant avocat au parlement, native de La Chataigneraie « demeurant présentement chez mr Jacquault, procureur au présidial de cette ville ». Furent présents Biguereau et Jacquault.

 

Le 21 janvier 1686, abjuration de Jeanne Mindau, native de Civray, demeurant chez mr Barbier, paroisse de Saint Didier.

 

Le même jour, abjurent Charles et François Goudeau, natifs de Saint Pardoux en Gâtine « demeurant en la maison du sieur Biguereau, paroisse de Migné », en présence d’André Royer et de Mathurin Chevallier.

 

24 janvier 1686, abjuration de Jeanne Davy, femme de Isaac Gibert (?) marchand et demeurant à Lusignan.

 

17 janvier 1686, abjuration d’Elisabeth Mitault âgée de 40 ans et de Marie Cousson âgée de 25 ans et demeurant toutes deux chez madame Girard, veuve marchande de Saint Didier.

 

26 janvier 1686, abjuration d’Henriette Moussault, âgée de 15 ans, fille de Denis Moussault, marchand à Saint Didier. Son père signe.

 

29 janvier 1686, abjuration de Jacques Poignand, avocat au Parlement, demeurant à Parthenay en présence Biguereau.

 

6 février 1686, abjuration de Jeanne Basnier, femme de David Garnier, maître apothicaire en présence de Garnier, Hoissard et Delacourt le jeune.

 

17 février 1686, abjuration de Madeleine Turpault, native de Parthenay « fille de cinquante ans » alors qu’elle est malade.

 

11 avril 1686, abjuration de « dame Françoise Bataillé, fille, âagée de 40 ans » demeurant à Latillé.

 

19 mai 1686, abjuration d’Isaac Pain, écuyer, sieur de la Pommeraie, âgé de 47 ans, natif de cette ville et ayant trois filles dont la plus jeune a 15 ans.

 

28 mai 1686, abjuration de David Chassé, « garçon peignard (?), natif de La Bastide du (?) province du Languedoc, diocèse de Mirepoix » âgé de 25 ans, demeurant chez Pierre Ayron, marchand peignard ?.

 

3 juin 1686, abjuration de Marie Lorraine, femme de feu Jacques Gaillard marchand.

 

9 juillet 1686, abjuration de Jeanne et Anne Garnier, filles de sire Thomas Garnier, marchand, âgées de 16 et 14 ans. Signent les deux enfants ainsi que Thomas Garnier et David Garnier apothicaire.

 

28 mars 1687, abjuration de Jacques Saoulet, sieur de l’Aubray (ci-devant maréchal des logis), âgé de 31 ans, de Mouillerons dans le diocèse de Luçon.

 

25 mai 1687, abjuration de François Bellin, laboureur âgé de trente ans, de la paroisse de Rouillé, en présence d’Hilaire Madien, Florent Bion et Guillaume Bapet.

 

27 mai 1687, abjuration de Pierre Bellin, laboureur, âgé de 53 ans, non marié de la paroisse de Rouillé.

 

28 mai 1687, abjuration de Charles de Brossard, écuyer, sieur de ?, âgé de 23 ans, demeurant paroisse de Saint ?, (Loudun). Assistent Pierre Moret de la Fayolle et David Garnier apothicaire.

 

 

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