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Aussi loin que je me souvienne...

Depuis aussi loin que je me souvienne, j’aime les histoires.

 

Ce goût m’a conduit vers l’Histoire, grâce aux manuels de l’école primaire des années 60 qui nous entraînaient dans ces tentatives de reconstitution de la vie quotidienne des Gaulois et autres Vikings.

 

Les illustrations étaient sommaires et l’auteur concédait quelques incursions dans les biographies stéréotypées de ces héros qui ont fait la France : Vercingétorix, ce noble perdant, Jeanne d’Arc, cette fille du peuple qui remet son roi sur le trône ou bien ce jeune révolutionnaire de 15 ans qui sera assassiné par ces Vendéens obtus pour avoir clamé avec défi : « vive la République, à bas le Roi ».   

 

Vers l’âge de 14 ans, j’ai accompagné les premiers pas de ma mère dans la généalogie, à travers les registres paroissiaux de la petite mairie du village natal de bon nombre de ses ancêtres.

 

Je crois que j’aimais à la fois l’enquête poursuivie et le déchiffrage de ces actes d’état civil, me prenant sans doute un peu pour Champollion qui a trouvé les clés pour décrypter un monde lointain d’histoires quotidiennes.

 

Si loin et si proche, à l’instar de ce que nous racontent les graffitis de Pompéi.

 

Les actes notariés ont permis ensuite d’entrevoir un peu plus les personnes cachées derrière ces lignées et ces dates et m’ont amené à chasser les singularités au-delà des formules très classiques que l’on y trouve. Cette quête permet parfois de glaner quelques pépites comme cette lettre de Paris d’un orfèvre à sa femme aux fins de l’autoriser à prendre un bail et dans laquelle il se répand sur ses déboires judiciaires.

 

A partir de ces éléments épars, je trouve passionnant d’échafauder et d’ajuster des hypothèses à partir des éléments rassemblés et confrontés avec la grande histoire, dans un constant va-et-vient.

 

Dans ce travail, certains détails initialement négligés prennent un sens particulier tandis que d’autres n’ont pas le relief qu’ils promettaient au départ.

 

Ces très modestes assemblages permettent de donner un peu de chair à ces noms et d’esquisser certaines histoires singulières. C’est ce que je me propose de faire très modestement dans ce blog, tenter d’éclairer des fragments de vie de mes ancêtres, à la lumière de la grande histoire.

 

Recherche

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Tken Jah Fakoly "tête de mule"

Cette page est à découvrir en lien avec l’article « traces du protestantisme dans les registres bas-poitevins »  

 

Les relevés qui suivent ne sont pas exhaustifs. Ils concernent seulement les paroisses vendéennes de Sainte Gemmes les Bruyères (Le Tallud Sainte Gemme actuel), Le Boupère, La Meilleraie et Tillay et les relevés qui suivent ne concernent pas toutes les années.

 

L’intérêt de ce qui n’est qu’un petit sondage est de montrer que sur une période qui couvre approximativement une quinzaine d’années, le baptême devant l’église catholique demeure une modalité pour les protestants.

 

J’ai relevé quelques abjurations avant de mourir ce qui tend à montrer que mourir en tant que protestant n’était peut être pas si évident que cela.

 

  chardin-benedicite

 

 

  Le Bénédicité (Jean Siméon Chardin-1740)

 

Le Tallud Sainte Gemme (Sainte Gemme les Bruyères  (1739-1755))

 

Réunion des communes du Tallud et de Sainte-Gemme-des-Bruyères en 1827 pour en former une seule qui prend le nom de Tallud.

 

Les curés qui se sont succédé dans la paroisse de Sainte Gemme les Bruyères n’ont semble-t-il jamais été très exigeants à l’égard de leurs paroissiens protestants. Aucune allusion du protestantisme dans toute la  première période qui va jusqu’à 1739. Certains protestants mariés en dehors de l’église catholique viennent même d’autres paroisses pour faire baptiser leurs enfants, signe qu’une certaine tolérance y était plus de mise qu’ailleurs. On note parfois un certain agacement du curé qui signale alors que l’enfant est un « bâtard » et non pas comme dans la plupart des cas qu’il est « naturel » ou de naissance « illégitime ».

   

 

1739 : « Le 5 janvier j’ay batisé Jacquette fille naturelle de Jean Fluzeau et Jeanne Noglet bordiers : a été parrain Jean Brunet et Jacquette Guinaudeau qui n’ont su signer ».

 

1740 : « le 20 mars an susd(it) a été par moy Jeanne fille naturelle de Louis Roy laboureur et de Jeanne Buchet ont été parrain et marraine Louis Pasquier Jeanne Guinaudeau. »

 

1742 : « Le 23 juillet an sudit j’ay batisé Perrine fille naturelle de Jean Fluzeau et de Jeanne Noglet a été parrain René Robin la marraine Perrine Robin qui n’ont su signer ».

 

1743 : « le 21 mars an susd(it) j’ay batisé Marie Anne fille naturelle de Pierre Merlet et de Suzanne Paillat : a été parrain Pierre Paillat la marraine Marie Anne Baguenard qui n’ont su signer. » 

 

1744 : « le 24 mars an susd(it) j’ay batisé Marie fille naturelle de Jean Fluzeau et de Jeanne Noglet bordiers : ont été parrain et marraine Pierre Guillet et Marie Drapeau qui n’ont su signer ».

 

Le 14 septembre j’ay batisé Jacques Jérôme fils naturel de Jacques David sieur de la Riffaudière et de Jeanne Sarrazin : a été parrain Jérôme Deslandes et Marraine Jeanne Lièvre qui n’ont su signer

 

1745 : « le 4 mars an susd(it) j’ay baptisé de la paroisse des Redoux Jeanne fille bâtarde de Jacques Tisseau et de Marie Tisseau : a été parrain Philippe Sarazin la marraine Jeanne Airaud qui n’ont su signer ».

 

Le 14 mars an susd(it) j’ay batisé Jeanne fille bâtarde de Pierre Merlet métayer et de Suzanne Paillat : a été parrain Pierre Bonnaud la marraine Jeanne Viniet (Pierre Bonnaud Signe)

 

le 25 mars an susd(it), j’ay baptisé de la paroisse de Chavagne, François fils bâtard de Jean Chaigneau et Suzanne Marquis, a été parrain François Marquis la marraine Catherine Thomas qui n’ont su signer.

 

1747 : « le 19 décembre est baptisé Jacques fils naturel de Jean Fluzeau et Jeanne Noglet parrain Jacques Bodin et marraine Marie Noglet. Le 15 février 1751, Marie nait du même couple, la mention illégitime est ajoutée après, comme pour réparer un oubli.

 

1751 : le 19 août 1751, est baptisée Renée « fille illégitime de Suzanne Coquillaud et de Pierre Fluzeau suivant la déclaration qu’elle en a faite ».

 

Le 20 octobre de la même année est baptisée Françoise fille illégitime de Marie Jagueneau et de Jean Coquillau.

 

1754 : le 25 février, est baptisé Pierre « fils naturel de Marie Jagueneau provenant des œuvre de Jean Coquillaud  suivant la déclaration qu’elle en a faite ». Le parrain est Pierre Gautier et la marraine est Jeanne Ayrault. On retrouve des enfants de ce couple baptisés au désert à partir de 1761[1].

 

1755 : naissance de Renée Suzanne fille de Suzanne Tisseau « provenante des œuvres de Pierre Buschet selon la déclaration qu’elle en a faite ».

 

Provenant de la même paroisse, Pierre Jagueneau épouse au désert le 15 janvier 1755 Marie Tisseau  (pasteur Gamain).

 

Il est le fils de Pierre Jagueneau et de Jeanne Guinaudeau de Maisonneuve Sainte Gemme les Bruyères. Les parents sont peut-être ceux qui ont été mariés à Sainte Gemme les Bruyères le 20 février 1728 et qui auront des enfants baptisés dans la même paroisse[2].  

 

A noter également que le 20 avril 1753, Louis Tisseau âgé de trente ans abjure probablement dans la perspective de se marier car il a des enfants avec Catherine Thomas qui sont baptisés à Sainte Gemme les Bruyères.

 

Le 25 décembre 1763 Pierre Jagueneau abjure à l’âge de 30 ans en présence de Jacques Mallais, Pierre De Louche, Jacques Marsaud, Jacques Bodin.

 

Paroisse du Le Boupère (1740-1741)

 

Le relevé qui suit est un simple zoom sur une très courte période. Le Boupère est un bastion protestant du bocage aussi n’est-t-il pas étonnant de relever que sur l’année 1741, 9 des 70 enfants baptisés sont illégitimes ce qui porte leur proportion à 14% du total. Les enfants sont qualifiés d’illégitimes et non de bâtards ou d’enfants naturels.

 

Le 7 avril 1740, François Peau abjure avant de décéder à l’âge d’environ 76 ans.

 

Le 14 avril 1740, Jeanne Grain épouse de Pierre Fleurisson abjure.

 

Le 20 août 1740 est baptisé Pierre du non légitime mariage de Louis Fontenit et de Jeanne Gendron (parrain Pierre Souriceau et marraine Jeanne Gendron).

 

Le 15 octobre 1740 est baptisé Pierre du non légitime mariage de Mathurin Chataignier et de Marie Ayrault.

 

21 février 1741 : Pierre de l’illégitime mariage de Paul Brion et de Jeanne Barbot.

 

Le 22 avril 1741 François Pierre né de l’illégitime mariage de Jacques Joffrion et de Jeanne Coutant.

 

Le 19 mai 1741 des jumeaux illégitimes de Charles Naulin et de Jeanne Héraud

 

Le 31 mai 1741 Anne née du mariage illégitime de François Lumineau et d’Anne Jobard.

 

Le 7 juin 1741 Jeanne née du mariage illégitime de Jean Fernand et de Jeanne Batiot.

 

Septembre 1741 : René, illégitime de François Bréchelière et de Charlotte Cosset. Marie Anne de Jean Poitevineau et de Marie Pignon. Louise d’André Pacheteau et de Jeanne Cotereau. Marie de Pierre Poupin et Anne Cotereau.

 

Janvier 1742 : Pierre illégitime de Pierre Brunet et de Jeanne Airaud ainsi que Perrine de Pierre Pacheteau et de Charlotte Cotereau.

 

La Meilleraie-Tillay

 

Ce sont deux paroisses distinctes qui ont été réunies en 1827. Les relevés concernent chacune des paroisses. Là encore il ne s'agit que d'un simple zoom.

 

Paroisse de La Meilleraie

 

1731

Avril: Pierre Juguet abjure avant de décéder quelques jours plus tard.

 

22 mai : Gilles Pierre « fils bastard » de Pierre Viret et de Perrine Moreau. Parrain, Gilles Souchet et marraine, Perrine Bridonneau.

 

12 octobre : François fils illégitime de Jacob Fluzeau « religionnaire » et de Perrine Bridonneau. Parrain Gilles Souchet et marraine Louise Rampillon. Il est signalé « bâtard » en marge.

 

1732 

Jeanne Veillerit, fille naturelle de Jean Veillerit et de Jeanne Guilbault. Elle est signalée « bâtarde » en marge. En 1733, ce couple fait baptiser une enfant prénommée Marie Jeanne.  

Décès d’un enfant qualifié de « bâtard » à l’âge de 9 semaines. Il s’agit de Pierre fils de Pierre Rouzineau. 

Jacques « fils naturel » de Jacques Payrin et de Marie Bescot de Réaumur.

 

1734 

Jeanne fille naturelle de Louis Becot et de Louise Fluzeau.

 

1738 

Le 19 novembre 1738, Pierre Ayriau abjure pour se marier peu de temps après avec Jeanne Suaud.

 

Paroisse de Tillay

 

De 1732 à 1737, l’on recense plusieurs enfants nés de mariages non catholiques qui sont issus des couples suivants : Jacob Fuseau et Perrine Suraudeau, Pierre Bouillaud et Anne Dagusé, François Bridonneau et Marie Suraudeau, Jean Paillat et Catherine Guinaudeau, André Paillat et Marie Roussiot.

 

 

 

[1] Source Pierre DEZ

[2] Dans l’acte de mariage, lui est dit « fils maieur » sans plus de précision et elle est appelée « Jeanne Cosset » fille de Jacques Guinaudeau et de Perrine Cosset. Jeanne Guinaudeau a été baptisée le 23 janvier 1708 en même temps que Marie sa sœur jumelle. Les parents de Marie et de Jeanne se sont mariés à l’église le 26 août 1704 à Sainte Gemme.

 

la-blanchisseuse.jpg

  La blanchisseuse (Jean Siméon Chardin - 1738)

 

 

Paroisse de Payré sur Vendée

 

Dans les registres de Payré et dans le cadre d’une recherche – malheureusement vaine à ce jour - concernant l’ascendance du couple formé par Marie Raynard et Etienne Baubriau, j’ai retrouvé un certain nombre de protestants que je livre  ci-dessous.

 

A Payré sur Vendée (devenu Foussais Payré par fusion des deux communes) au début du 18ème siècle, on trouve un couple qui a dû se marier au désert et qui donne naissance à des enfants que le curé souligne invariablement être nés hors mariage[1].

 

Il s’agit de Mathieu Gaborit et de Marie Seneschaud sa femme.

 

Dans la période du registre paroissial que j’ai parcourue (1714 à 1735), les allusions du curé deviennent de plus en plus lourdes, à la mesure d’un agacement croissant.

 

Pour le baptême de Jean Gaborit le 21 janvier 1721, l’enfant est dit simplement « illégitime ». C’est le cas également pour Marie en février 1725 (« fille naturelle »), de Pierre (« fils illégitime » en septembre 1726) ou encore de Mathieu (« fils naturel » pour son baptême le 21 décembre 1727).

 

Cela commence à se corser au moment du baptême de Marie le 19 mars 1729, l’acte précisant qu’il s’agit de la « fille naturelle des précédents qui prétendent être mariés par un aumônier de vaisseau ayant refusés de se soumettre aux lois de l’église ».

 

Pour Louise (baptême du 7 octobre 1730), les parents « … se sont adoués, ayant refusé de les épouser à cause de la religion ».

 

En 1732, le curé note simplement pour le baptême de Françoise (2 mai 1732) que les parents se sont « mariés clandestinement».

 

En 1735, l’atmosphère de répression doit s’être un peu détendue car pour le baptême des jumelles Marie et Catherine, le père « a déclaré ne point s’être marié devant l’église ». Le père pouvait assumer désormais sa religion devant le curé, sans être contraint de se justifier.

 

Les deux familles ont indéniablement des racines protestantes mais seuls quelques membres demeurèrent attachés à leurs convictions religieuses.

 

S’agissant de Mathieu Gaborit, il était le fils de Pierre Gaborit, bottier, et de Louise Resnard[2] (Renard, Rainart ou Raynard) probablement mariés avant 1685. Il fut baptisé le 30 novembre 1692.

 

Sa mère était la fille de Daniel Raynard et de Jeanne Jourdain (abjuration en 1685 à Payré)[3].

 

Mathieu Gaborit fut apparemment le seul à persister ouvertement dans le protestantisme au sein de sa propre fratrie.

 

Pour autant, l’examen des registres montrent que l’attitude d’autres membres de sa famille fut, pour le moins, ambigüe au regard de l’église officielle.

 

Ainsi, le décès de la cousine germaine de Mathieu Gaborit, Françoise Resnard[4] (intervenu en janvier 1721) est inscrit dans le registre de Payré par le curé sur la foi des témoignages de Mathieu Gaborit son cousin germain et d’Elie Grudet, ceux-ci attestant que l’inhumation a eu lieu à Foussay (« lequel enterrement m’a été assuré avoir été fait par susdit curé de Foussay et en présence des susdits témoins, en foi de quoi j’ai signé le présent certificat ce jourd’hui 26 juillet de la susdite année »). Vérification faite, il n’existe pas trace d’un tel enterrement ce qui semble signifier que pour échapper à l’extrême onction, aucun curé n’a été appelé au chevet de la mourante et sa famille a prétendu qu’elle avait trépassé à Foussay. Au demeurant, le curé n’était peut-être pas dupe.

 

De la même génération (et probablement de la même famille), Gabrielle Raynard, fille de Jacques Raynard et d’Anne Royer[5], se maria à l’église avec André Naud le 8 novembre 1729 à Payré, sans apparemment dévier du catholicisme.

 

Deux de leurs enfants, Pierre et François, décidèrent pourtant de se marier au Désert (pasteur Gamain), le 9 janvier 1763 avec Marie et Gabrielle Ribreau (source Geneanet), signe que la religion d’origine est maintenue dans certains cas « en sourdine » pendant la période la plus cruciale des persécutions.

 


[1] On trouve aussi un enfant de Pierre Roy et de Marguerite Glumet (Guillemet) né hors mariage : Magdeleine née le 14 octobre 1717 (« fille naturelle selon la déclaration qu’il (le père) en a fait »). Toutefois, le couple se marie finalement le 8 octobre 1718.

 

[2] Mathieu a pour frères et sœurs, Louise Gaborit mariée à Jacques Royer le 22 juin 1716 (Payré), Pierre Daniel (baptisé le 20 avril 1690 à Payré) ainsi que Jeanne et Jacques qui décéderont peu après leur naissance et Jean marié le 26 juin 1733 à Catherine Boussicaud.

[3] Deux fils sont recensés au moment de l’abjuration : Jean René, marié, « lequel a une petite fille d’un an » (Il s’agit de Jean Resnard marié à Françoise Toucheteau le 23 septembre 1676 à St Hilaire des loges) et Daniel, âgé de 14 ans. Daniel se mariera avec Jeanne Fauger le 2 mai 1696 à Payré (de Pierre Fauger et de Marguerite Guillemet).

[4] Née le 21 février 1688 et mariée Jean Gallais le 19 octobre 1711 à Payré).

[5]  Ce couple se marie le 19 janvier 1701 à Payré. Jacques Raynard est le fils François Raynard et de Jeanne Bauné, les deux abjurent à Payré (vues 7 et 8/13 du registre). Jacques a pour frère, Jean, baptisé au temple le 22 aout 1677 à Saint Hilaire des Loges, Marie, mariée en 1690 à Jean Fournier et Jeanne (mariée à Jean Gautreau le 23/07/1696), Nicolas Raynard marié à Suzanne Biré (source Geneanet - S. Barthelme– contrat de mariage du 7 juin 1730 d’une de leurs filles Gabrielle avec Nicolas Ménard– AD de Vendée 3 E 61 –Fonteny notaire).

 

 

Pour compléter le tableau ci-dessus, j’ai retranscrit ci-après les abjurations enregistrées à Payré entre 1681 et 1686 dans un registre paroissial (source : archives départementales de Vendée en ligne abjurations des protestants 1681-1686 cote AC 170). On notera que les dates auxquelles interviennent le plus massivement les abjurations correspondent aux deux dragonnades qui ont eu lieu en 1681 et en septembre 1685.

 

Du 18 aout au 15 décembre 1681 :

 

Pierre Eveillé (âgé d’environ 50 ans) Jeanne Turpaud sa femme (environ 45 ans) et leurs enfants : François (environ 15 ans), Marie (13 ans), Jean et Pierre (10 et 5 ans). En outre, abjure Marguerite Meusnier (77 ans, peut être est-elle la mère de l’un des deux).

 

François Baud (environ 55 ans) et un fils de 24 ans. Françoise Renaudet femme de Louis Métaier.

 

Du village de la Ribouère, abjurent Jean Macoin, Jeanne Seneschau sa femme, Pierre Vredon et Jeanne Dieumegard sa femme, Jacques Renaudet et Jean Veillas « tous âgés de plus de trente ans et ayant des enfants. Plus bas dans l’acte, Nicolle Soulet, femme de Jacques Renaudet, abjure ainsi que leur fils Jean (âgé de 10 ans) et la mère a promis « de mener sa fille de 15 ans aux premiers jours » (pour abjurer probablement).

 

Paul Eveillé et Louis Métaier lesquels ont « promis d’envoyer incessamment leurs femmes et le reste de leur famille qui sont », François Esveillé (âgé de 20 ans qui n’habite plus avec son père et est issu d’un premier mariage) et trois enfants du second mariage dont Marie (âgée de 8 ans) et les deux autres de 6 et 4 ans (prénoms non mentionnés). Louis Métaier enverra sa femme et ses 5 enfants : Jeanne (17 ans), Marie (12 ans), Suzanne (8 ans) Françoise (5 ans) et Louis (1 ans).

 

Abjuration d’Etienne Mautret (10 ans) et de Suzanne (15 ans), enfants de Pierre Mautret et de Suzanne Aubineau qui ont également abjuré mais à Fontenay.

 

Abjuration de Jean Sicot et de Jeanne Pouvreau sa femme qui ont 4 enfants dont l’aîné a sept ans.

 

Mars-avril 1685 :

 

Abjuration de Jean Seneschaud, métayer (30 ans) et de Judicq Soulart (32 ans) sa femme et leurs trois enfants : Elisabeth (9 ans), Jacques (7 ans) et judicq (2 ans). Les témoins sont Jean Jousseaume, Louis Gendron, François Murs, Mr Pierre Lhomedé, Jean Pouponneau.

 

Abjuration de Jean Garconnet, journalier, âgé de 31 ans et ses deux enfants de 5 ans (une fille) et trois ans (un garçon).

 

Septembre 1685 :

 

Pierre Brunet, sieur de la Vergne (55 ans environ) et sa femme, Françoise Desmay (46 ans), ayant sept enfants, dont l’aîné François Henry (20 ans) et Pierre (18 ans) et les autres dont Jean-Charles et Françoise.

 

Daniel Resnard (âgé de 54 ans ?), texier de sa profession et Jeanne Jourdain âgée de 53 ans, lesquels ont deux fils : Jean René, marié, âgé de 26 ans qui a une petite fille d’un an et Daniel âgé de 14 ans.

 

Marie Valine ( ?), âgée de 44 ans épouse de Pierre Macouin, converti, laquelle aamené avec elle quatre enfants : Judith Macouin (18 ans), Jeanne (16 ans), François (10 ans) et Elisabeth (8 ans).

 

Elisabet Bire, veuve d’Isaïe Garçonnet, âgée de 70 ans. Jacques Girard, laboureur à charrue (35 ans) et Judith Seneschaud sa femme (25 ans).

 

Jean Pillier, journalier (35 ans) et Marguerite Beaunet (35 à 36 ans) sa femme et leurs deux enfants (Françoise, 6 ans et Honoré, 4 ans).

 

Jean Jourdin, 30 ans, journalier, Louise Bautreau sa femme (35 ans) et leurs deux enfants (Jean, 6 ans et Marie, 4ans).

 

Marie Suaudeau, femme de Jean Bodillon, sieur de la Marchonnière.

 

Jean Seneschaud (70 ans).

 

François Renard (46 ans) et ses quatre enfants dont Marie (14 ans), Jeanne (7 à 8 ans), Jacques (6 ans), Françoise (2 ans). Sa femme abjure plus tard (« Jeanne Beauné, femme de François Resnard, de la Roullière » voir vue 8/13).

 

Pierre Royer (« rouhier de son métier »), 25 à 26 ans et Jeanne Macouin (26 ans) ainsi que leurs deux enfants (2 ans et 1 an).

 

Jean Roy (30 ans) et Marguerite Bridé (ou Gridé ?) ainsi que leurs trois enfants dont l’aîné a 7 ans et les deux autres au dessous de 4 ans (« quils ont promis de mener à l’église »).

 

Abjure en même temps, Jeanne Métaier, fille de Louis Métaier, âgée de 21 ans).

 

Jeanne Roy, femme de Joseph Brunet, meunier, âgée de 27 ans « dans une maladie extrême, c’est pourquoi je lui ai donné l’absolution ».

 

Jean (23 ans) et Pierre Macouin (15 ans), fils de Pierre Macouin. Pierre Seneschaud (21 ans) fils de Jean Seneschaud et André Bouquet, meunier.

 

Le même jour, abjurent Etienne Raud (30 ans), tuilier et sa femme, Françoise Rohier (déformation de Royer ?), âgée de 20 ans ainsi que Marguerite Roy (50 ans), femme de Pierre Rohier (mère des suivants et de la précédente). Louis Rohier (27 ans) et sa femme, Louise Bodouin, Jacques Rohier et Anne Rohier (16 ans), tous enfants de Pierre Rohier. Pour mémoire, Jeanne Beauné (voir ci-dessus).

 

Les enfants de Pierre Brunet abjurent à ce moment là : François (20 ans ?), Pierre (19 ans), Jeanne (16 ans), Françoise (7 ans) avec Daniel Pipet (20 ans) « serviteur dudit sr Brunet ».

 

Daniel Eveillé, tuilier, âgé d’environ 60 ans et « Daniel Brunet, gendre dudit Eveillé et Marie Eveillé, femme dudit Brunet ». Ce couple à trois enfants au dessous de sept ans.

 

Le 20 septembre, Pierre Vinet, sieur de Lorière de la paroisse de Puy de Serre.

 

Le 24 septembre, Françoise Toucheteau, femme de Jean Resnard abjure à son tour.

 

Octobre 1685 :

 

Jacques Soulard, laboureur à charrue, âgé de 30 ans confirme l’abjuration faite à Fontenay, en même temps que Jean Guiton, journalier (50 ans) et son fils, Isaac (12 ans) qui ont abjuré à « Andilly en Aunis ».

 

Se présente pour l’abjuration Marie Motu, femme de Jacques Soulard.

 

Le sept octobre, Pierre Caillet « demeurant présentement à la Braud m’a apporté un billet de sa conversion et abjuration de l’hérésie du 4 octobre, pardevant mr le curé de Saint Michel le Clou, âgé de trente neuf ans et m’a dit que sa femme était convertie et ses 4 enfants, scavoir un garçon âgé de 6 ans et les filles l’aînée a treize ans nommée Jacquette, et la seconde, onse ans nommée Marie et la dernière 6 mois aussi nommée Marie ».

 

Novembre 1685 :

 

Alexandre Andoué, fils aîné de mr René Andoué, sieur de Naruin de la paroisse de Saint Hilaire sur l’Autise s’est présenté pour abjuré.

 

Le 8 janvier 1686, François Eveillé, serviteur domestique chez mr de la Coustière de Marans rquiert qu’on lui donne « l’absolution de l’hérésie ».

 

Le 21 janvier 1686, Marie Gautronneau et Jeanne Naudon (femme de Jean Guiton) abjurent dans leur maison et « ladite Gautronneau est venue derechef dans l’église de Payréé.

 

Le 22 janvier 1686, Jean Guiton, âgé de 25 ans et Marie Gautronneau « comme elle l’avoit promis hier s’est présentée en ce lieu et a aussi receu l’absolution d’hérésie et a promis de mener aussi son fils, Philippe Métaier, âgé d’environ dix ou douze ans dans dimanche, n’aiant pu venir avec elle à cause qu’il est incommodé, comme aussi s’est présenté derechef Louis Pipet … ».

 

Le 27 janvier 1686, Jacques Gourri, serviteur domestique de mr de la Machounière, se présente pour recevoir l’absolution de l’hérésie.

 

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