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Aussi loin que je me souvienne...

Depuis aussi loin que je me souvienne, j’aime les histoires.

 

Ce goût m’a conduit vers l’Histoire, grâce aux manuels de l’école primaire des années 60 qui nous entraînaient dans ces tentatives de reconstitution de la vie quotidienne des Gaulois et autres Vikings.

 

Les illustrations étaient sommaires et l’auteur concédait quelques incursions dans les biographies stéréotypées de ces héros qui ont fait la France : Vercingétorix, ce noble perdant, Jeanne d’Arc, cette fille du peuple qui remet son roi sur le trône ou bien ce jeune révolutionnaire de 15 ans qui sera assassiné par ces Vendéens obtus pour avoir clamé avec défi : « vive la République, à bas le Roi ».   

 

Vers l’âge de 14 ans, j’ai accompagné les premiers pas de ma mère dans la généalogie, à travers les registres paroissiaux de la petite mairie du village natal de bon nombre de ses ancêtres.

 

Je crois que j’aimais à la fois l’enquête poursuivie et le déchiffrage de ces actes d’état civil, me prenant sans doute un peu pour Champollion qui a trouvé les clés pour décrypter un monde lointain d’histoires quotidiennes.

 

Si loin et si proche, à l’instar de ce que nous racontent les graffitis de Pompéi.

 

Les actes notariés ont permis ensuite d’entrevoir un peu plus les personnes cachées derrière ces lignées et ces dates et m’ont amené à chasser les singularités au-delà des formules très classiques que l’on y trouve. Cette quête permet parfois de glaner quelques pépites comme cette lettre de Paris d’un orfèvre à sa femme aux fins de l’autoriser à prendre un bail et dans laquelle il se répand sur ses déboires judiciaires.

 

A partir de ces éléments épars, je trouve passionnant d’échafauder et d’ajuster des hypothèses à partir des éléments rassemblés et confrontés avec la grande histoire, dans un constant va-et-vient.

 

Dans ce travail, certains détails initialement négligés prennent un sens particulier tandis que d’autres n’ont pas le relief qu’ils promettaient au départ.

 

Ces très modestes assemblages permettent de donner un peu de chair à ces noms et d’esquisser certaines histoires singulières. C’est ce que je me propose de faire très modestement dans ce blog, tenter d’éclairer des fragments de vie de mes ancêtres, à la lumière de la grande histoire.

 

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 00:19

 

"Il n'y  pas d'amour heureux" de Georges Brassens interprété par Nina Simone


J'avais écrit cet article pour clarifier la généalogie de ces deux familles de notables protestants d'Exoudun qui s'allièrent par le mariage de Jacques Fraigneau, sieur de Bourgougne (né vers 1639 et décédé le 5 juin 1710 à Exoudun) qui fut notaire royal et de Louise Fraigneau (Fraigneau branche de lhoumeau par son père et la famille Vatable par sa mère).

     

Mais ce travail étant toujours un chantier perpétuel, c'est en préparant un autre article que j'ai replongé dans cette généalogie et y ai trouvé des erreurs où des approximations.

     

Cette mise à jour est l'occasion de mettre un peu d'ordre dans l'article en question qui - s'il demeure un peu sec à digérer-, fournit tout du moins un matériau utile pour les personnes intéressées.  

     

Je me propose de commencer par la famille Fraigneau dont la généalogie, quoiqu'abondamment glosée n'est pas si simple qu'il n'y paraît.


   

Quelques repères familiaux concernant les familles Fraigneau et Vatable


Il s'agit là de deux familles protestantes du moyen Poitou fort impliquées dans leur communauté religieuse. Les Fraigneau figurèrent souvent parmi les anciens du consistoire tandis que les Vatable furent pasteurs.


Isaac et Jacques Fraigneau (vraisemblablement beaux-frères) sont cités dans la liste des persécutés par les dragonnades de Marillac en 1681 établie par Elie Benoist. Même s'ils décédèrent longtemps après les évènements, eux et leurs familles ont certainement endurer le logement des gens de guerre avec son cortège de moments parfois affreux.


Quelques mots enfin sur Exoudun. Ce fut l'une des places importantes du protestantisme local, avant et après la révocation de l'Edit de Nantes. En 1698, si la paroisse comptait 1400 habitants dont 1339 nouveaux convertis mais qui ne pratiquaient pas la religion catholique dans leur immense majorité[1], le village de Bagnault ayant été déploré être une "petite Genève", y compris au 18ème siècle[2].




[1] Voir commentaires d'Alfred Richard dans "Poésie de Jean Babu, curé de Soudan, sur les ruines des temples protestants de Champdenier, Exoudun, La Mothe Saint Héray ..." (1896)

[2] Référence d'une lettre de félicitations d'un ministre de Louis XV à L'intendant Blossac pour avoir empêcher les assemblées secrètes, en particulier au village de Bagnault (1751-1752 - Archives Nationales).

 

 

La famille Fraigneau

 

C’est une famille de notables d’Exoudun convertie au protestantisme depuis le 16èmesiècle.

 

A l’origine, sont identifiés deux frères, Jean et Léger (qui suit), tous deux notaires royaux à Exoudun en 1581.

 

Léger Fraigneau épousa Jacquette Nicodon. Ils eurent trois enfants :

 

Jean Fraigneau, notaire royal, marié à Marie Huet ;

 

Isaac Fraigneau (branche de Lhoumeau), chirurgien, épousa Marie Arouet (famille de Voltaire). Ils eurent au moins deux enfants (1) Louis Fraigneau, sieur de Lhoumeau et de la Pérouardière marié à Anne Vatable (voir ci-dessous) et (2) Catherine mariée d’abord à Louis Levesque puis à Jean Baugier ;

 

Abraham Fraigneau (branche de Bourgougne), notaire royal, marié une première fois à une demoiselle Marie Pouhet (décès avant 1624) puis une seconde fois en 1626 avec Louise Delamothe[1](fille de Jean Delamothe, pasteur d'Exoudun et d'Abigaïl Bouhier), avant de décéder peut après (décédé avant 1629).

 

Du premier mariage d'Abraham Fraigneau (branche de Bourgougne) naquirent quatre enfants :

 

Marie Fraigneau mariée à Jacques Ochier[2](contrat de mariage du 4 novembre 1624 chez Pierre Audeer)

 

Catherine Fraigneau mariée à Pierre Ochier (contrat de mariage: mêmes références)

 

Abraham Fraigneau, notaire à Lusignan, marié à Marie Cornier

 

Jacques Fraigneau, docteur en médecine, identifié plus précisément dans le cadre d'un procès en appel formulé avec son frère et ses deux sœurs[3], en tant qu'héritiers du défunt Abraham Fraigneau. Ce procès opposa initialement leur père Abraham assisté de Jean Pouhet son beau-frère et Catherine Chaigneau[4](femme de ce dernier) et le curé d'Exoudun pour le paiement de la dîme sur une pièce de pré que nos protestants refusaient de payer.

 

Déclenchée en 1625, l'affaire ne fut tranchée définitivement par un arrêt du 25 juin 1629 prononcé aux dépends des héritiers Fraigneau. La justice ne badinait pas impunément avec le paiement de la dîme, surtout si l'on était protestant.

 

A ce point là de l'histoire, ce Jacques Fraigneau est considéré habituellement comme celui qui a été marié avec sa cousine Suzanne Fraigneau sans plus d'explications (voir leur descendance ci-dessous). Ainsi, l'ouvrage de Beauchet-Filleau lie les deux personnes alors même que l'époux de Suzanne Fraigneau  n'est pas né au début du 17ème siècle mais vers 1639 et n'était donc pas en mesure de former appel à un procès en 1629.

 

Pourtant, le vrai mari de Suzanne Fraigneau est rattaché à la branche de Bourgougne. A ce stade deux hypothèses s'imposent : soit il est le fils d'Abraham Fraigneau soit celui de son frère Jacques sans que l'on puisse trancher pour l'instant en faveur de l'un ou l'autre des pères potentiels.



[1] Source : "Familles Protestantes au travers des actes - XVI et XVIIème siècles" de Marie Reine Sire

[2] même source que la précédente : contrat du 5 mai 1626 passé chez Pierre Audeer

[3] cité dans le "Recueil général des Edits, Arrêts et règlements notables" de  Jean Filleau, grand pourfendeur des droits des protestants en Poitou.

[4] contrat de mariage de Jean Pouhet et de Catherine Chaigneau du 11 juin 1606 (Source : "familles protestantes ..." voir ci-dessus

  

Adriaen Van Ostade - Portrait de famille

   Portrait de famille d'Adriaen Ostade (1657) - Musée du Louvre

 

Le couple Fraigneau Vatable 

 

Louis Fraigneau, sieur de Lhoumeau et de la Pérouardière (date de naissance inconnue/ décès avant 1675) épousa Anne Vatable qui naquit vers 1623[1]car elle mourut le 26 avril 1698 à Exoudun (79) à l’âge d’environ 75 ans. Les épousailles eurent lieu vers 1641, peut-être au temple de la Mothe-Saint-Héray étant donné que le culte avait été interdit à Exoudun par arrêt du 16 septembre 1634, le temple ayant été jugé trop proche de l'église (à noter que la destruction du temple n'intervint qu'en 1667 et suscita une émeute).

      

Ils eurent au moins 5 enfants à savoir:

      

Isaac Fraigneau[2] (vers 1643-1707), sieur de Boisloudun, qui épousa Louise Bonneau (1649-1703). Il compta parmi les anciens du consistoire car il fut délégué pour La Mothe Saint Heray au synode provincial de Melle tenu le 26 octobre 1678 ;

 

 

Isaac Fraigneau (1654-1719) marié avec Catherine Chabot le 17 juillet 1675 puis avant octobre 1693 avec Marie Palastre

      

Marie Fraigneau (1662-1709) mariée le 18 octobre 1693 à Exoudun avec Jean Guillauteau, chirurgien et qui vécu à Saint Sauvant (86)

      

Louis Fraigneau, sieur de Lhoumeau (1663-1699) marié avec Marie Levesque (fille de Louis et d'Elisabeth Chamois) le 21 septembre 1682. Tous deux sont nouveaux convertis au moment du mariage. Ils auront Louis, Louise, Suzanne et Marie

      

Renée Fraigneau mariée avec Daniel Sauzé (1663–1740), chirurgien, le contrat de mariage date du 22 février 1683  (chez Tastereau, notaire)

 

Suzanne Fraigneau (vers 1642?-après 1688[3]), mariée à Jacques Fraigneau (1639-1710), sieur de Bourgougne, fils de Jacques ou d'Abraham Fraigneau (voir ci-dessus). Ils se marièrent avant 1663 (date de naissance de leur fils Abraham).

  

Le couple de Jacques et Suzanne Fraigneau eut plusieurs enfants dont notamment :  

  

Abraham né en 1663, marié avec Marie Levesque, fille de  Léon Levesque et de Marie Aucher (contrat de mariage du 27 novembre 1685 passé chez Tastereau, notaire). Marie Levesque a dû naître vers 1665 car elle abjura la religion protestante en 1681 à l'âge de 16 ans;  

 Renée

 Suzanne

Louise Fraigneau née vers 1674. Elle mariée vers 1696 avec David Liège, procureur au présidial de Poitiers.

         


[1] Probablement à Coulonges sur l’Autize (79), lieu où officiait son père à l’époque.

[2] Informations tirées de « recherches sur la famille Levesque de Saint-Maixent et ses alliances » de Ernest Levesque (1907). Ce premier Isaac est toujours répertorié comme faisant partie de cette fratrie mais je n'ai pas trouvé d'éléments permettant d'affirmer que c'était le cas, contrairement à son frère Isaac le cadet qui suit. Je l’ai malgré tout répertorié. De son mariage avec Louise Bonneau sont issues (1) Marie qui épousera Charles Garnier, notaire et procureur fiscal à Couhé (veuve en 1714) (2) Catherine qui se mariera avec Benjamin Chameau des Ortioux (3) Louise Fraigneau qui épousa en novembre 1714 à Couhé, François Huet (4) à son décès assiste un de ses gendres le sieur Chabot don je n'ai pu déterminer l'épouse.

 

[3] date à laquelle elle signe comme marraine d'une de ses nièces)

 

 

La famille Vatable

 

A l’origine de cette famille, j’ai identifié Antoine Vatable[3], pasteur, qui avait épousé Catherine Malivoire.

 

Ils sont nés dans le dernier quart du 16ème siècle, ils arrivèrent en Poitou avant 1593, en provenance de Normandie.

 

 

 

refuge-a-douvres.jpg

 

(les protestants débarquant à Douvres)

 

Antoine Vatable a ainsi exercé comme pasteur à Luneray  (Seine Maritime) pendant les guerres de religion, avec au moins un séjour durant lequel lui et sa femme se réfugient en Angleterre. En effet, sa présence est attestée à Rye (Angleterre) pendant toute une période qui commence vraisemblablement dès 1587[4] et qui s’achève après l’année 1590[5].

 

Rien d’illogique à cela si l’on songe qu’en ces temps de guerre civile entre catholiques et protestants, l’Angleterre constituait un des refuges pour les protestants français.

 

En particulier, les protestants de Normandie ainsi que leurs pasteurs avaient pris l’habitude de se réfugier en Angleterre à Rye, lorsque les persécutions se produisaient sur le continent. Il existait d’ailleurs un lien tellement fort entre l’église de Dieppe et Rye que cet endroit était considéré comme une annexe de l’église normande.

 

Pendants les guerres de religion et dès 1562, il s’opère un afflux de réfugiés français qui s’installent provisoirement et exercent leur culte à Rye. Avec la paix d’Amboise qui marque la fin de la première guerre de religion (mars 1563), il y a reflux de la population française (on compte peu de décès étrangers entre 1564 et 1566).

 

La deuxième guerre de religion (septembre 1567 – mars 1568) et la troisième (septembre 1568 – août 1570) conduiront à de nouvelles migrations. En mars 1569, on compte 73 chefs de familles français dans cette localité anglaise.

 

   

 

     

 

 

La Saint Barthélémy (24 août 1572) va donner lieu à un afflux considérable de protestants français fuyant des persécutions qui ont très vite dépassé le seul cadre parisien pour s’étendre dans des régions où le protestantisme minoritaire s’est ancré en terre catholique comme la Normandie[6].

 

Une période d’accalmie qui se concluera d’ailleurs par l’Edit de Nantes (1598) va permettre un retour en France des protestants établis à Rye et notamment d’Antoine et de sa famille qui retournent en Normandie à Luneray.

 

Il officiera à Luneray jusqu'aux premières années de 1590, date de son départ probable pour le Poitou.

 

Au synode provincial du Haut Poitou et du bas Poitou tenu à Saint Maixent le 28 avril 1593, Vatable, pasteur à La Chaume d’Olonne (85), signe une lettre excusant l’absence de représentation de son église au synode (SHPF bulletin historique 1911 page 48). 

 

En 1596, à l’occasion du 14ème synode national tenu à Saumur, il fait demander par l’intermédiaire des députés du Poitou, le paiement des sommes dues par son ancienne église de Luneray (100 livres ce qui semble représenter une somme importante à l’époque).

 

Cette demande sera renouvelée lors du 17ème synode national tenu à Gap en 1603, puis au synode tenu à Gergeau puis, enfin, au synode national de Privas tenu en 1612. A l’occasion de ce dernier synode, il est demandé d’appliquer les décisions prises au synode de Gergeau.

 

Plus tardivement et en tout cas entre 1614 et 1620, il exercera son ministère à Puybelliard (85) qui est un faubourg de Chantonnay. Ce changement s’explique peut-être par un souci de se rapprocher de ses fils qui sont pasteurs à la même époque respectivement à Foussay et à Coulonges.

 

Les enfants du couple Vatable-Malivoire 

 

Antoine Vatable et Catherine Malivoire eurent au moins deux enfants qui peuvent leur être attribués avec certitude[7] :

 

-         Pierre Vatable naît en février 1588[8].

 

-         Jean Vatable (naissance vers 1590 – décès en 1646).

 

Tous deux ont été pasteurs comme leur père.

  Enfin, il reste à signaler qu'outre Déborah Vatable (note de bas de page 7), il est possible que ce couple ait eu un autre enfant.

Il s'agirait d’Isaac Vatable marié à Sara Marchand ce couple ayant eu trois enfants baptisés à Mareuil sur le Lay (registres protestants - bibliothèque de l’Arsenal à Paris et archives départementales de Vendée) à savoir : François (février 1624), Renée (novembre 1625), Isaac (août 1627).   

    


 

[3] Selon certaines sources, cette famille pourrait avoir un lien de parenté avec François Vatable, le célèbre hébraïsant traducteur des psaumes pour Clément Marot qui est devenu l’un des premiers professeurs au collège de France fondé par François 1er. La coïncidence entre l’un des membres du cercle de Meaux qui a pensé une nouvelle approche du catholicisme et une famille de protestants du même nom est troublante, mais ce nom est toutefois courant dans le nord de la France selon d’ailleurs différentes variantes ( Watteble, Wattebled , etc). Cette coïncidence serait flatteuse mais improuvable.          

 

[4] voir « histoire des églises du refuge en Angleterre » de V. de Schickler. Un colloque se tient à Rye auquel tous pasteurs participèrent, au nombre desquels figure Antoine Vatable.

 

[5] Voir « histoire de la réformation à Dieppe », le 26 janvier 1590, « messieurs Courtault et de Licques, ministres de Dieppe et M. de Vateblé, ministre de Luneray étaient encore à Rye ».

 

[6] Dès septembre 1572, 161 réfugiés se présentent à Rye. En novembre 1572, on compte 641 réfugiés (242 hommes, 167 femmes et 232 enfants majoritairement de Dieppe et de Rouen). Cet émigration posera d’ailleurs des difficultés de gestion à la petite municipalité anglaise qui essaie d’orienter les réfugiés dans des communes avoisinantes et refuse les personnes indigentes.

 

[7] Selon le Pasteur Rivierre, Debora Vatable serait une fille d’Antoine Vatable. C’est possible mais elle serait née alors tardivement, en tout cas trop jeune pour signer le contrat de mariage de son frère Jean établi en 1614.  Elle a épousé Jacques Arthuis (pasteur) sieur de Villesalalson. Celui-ci a étudié la théologie à Genève et dit « yssoldunensis » ce qui peut signifier qu’il est originaire d’Exoudun.

 

[8] Pierre Wateble est baptisé à l’église de Rye, il est le fils d’ « Anth. W. qui a été banni pour la parole de Dieu » et qui est l’un des prédicateurs de l’église de Rye.

 

Saint-Barthelemy-massacre-copie-1.jpg

  Massacre de la Saint Barthélemy

 

1) Pierre VATABLE est ministre du Saint Evangile à Foussay (85) au moment du mariage de son frère (dans le contrat de mariage, il représente ses parents qui n’ont pu assister au mariage). Il sera aussi pasteur à Nieul sur l’Autize (85).Il aurait épousé Marie Vernède.

 

Ils ont eu des enfants dont très certainement Paul Vatable, sieur de Buignon marié à Catherine Drauld[1] (tous deux sont religionnaires à Foussay entre 1636 et 1668) ainsi, peut-être, qu’Anne Vatable mariée à Louis Guillauteau de Launay (né en 1589 et décédé le 25 mars 1657 à Niort (registres protestants)).

 

Pour mémoire, le couple Vatable-Drault a eu plusieurs enfants enregistrés dans le registre protestant de Foussay[2] : Louis, baptisé le 21 septembre 1636, Marie (juillet 1639), Jacques (octobre 1644), Suzanne (mars 1647), Louise (octobre 1649), Paul (septembre 1651), Jean (mars 1654), Judith (novembre 1656), Pierre (mars 1660), Elie (aout 1662).

 

Catherine Drault a quitté le royaume de manière certaine dans les années 1680[3]. Il est possible que son mari ait été déjà décédé au moment du départ puisque l’administration qui gère les biens des exilés indique qu’elle est veuve du sieur Vatable en 1700 et qu’elle ne pouvait être informée d’un décès à l’étranger.

 

Ce qui est sûr c’est qu’au moins un de ses fils, Pierre, était dès 1683 réfugié à Dublin en Irlande avec sa femme Marie Brevet[4]. Un des enfants de ce couple est baptisé à Fontenay en mars 1681 (registres protestants).

 

Quant au couple Guilloteau-Vatable, le registre protestant de Foussay permet de recenser au moins Marie (baptisée en juin 1642), Anne (août 1643), Louis (février 1648), Jeanne (septembre 1652).

 

2) Jean VATABLE est né probablement peu après 1590 en Normandie dans l’église d’exercice de son père.

 

En 1612, il est recensé dans la liste des écoliers français inscrits à l’Académie de Genève. Il est mentionné un « Jean Vatable du Poitou »[5]. Compte tenu du caractère peu fréquent du nom et du fait que son père est pasteur en Poitou, il est très probable qu’il s’agisse de la même personne.

 

Jean VATABLE épouse Catherine LE ROY en 1614 (contrat de mariage[6] du 25 août 1614 signé chez ROBERT notaire à Fontenay Le Comte). Elle est la fille de Jacob LE ROY (décédé entre 1614 et 1618), Sr du Puy et de défunte Claude AGROUE.

 

Ses parents n’ayant pu assister à la conclusion du contrat de mariage de Jean, c’est Pierre son frère aîné qui les représente. 

 

Au moment de son mariage, Jean est « ministre du Saint Evangile » de Coulonges les Royaux (Coulonges sur l’Autize - 79). Il demeurera affecté à Coulonges, au moins jusqu’en 1626[7].

 

Jean Vatable et sa femme avaient deux filles en 1617 prénommées Jeanne et Judith.

 

En effet, dans le testament protestant de Renée GIRARD fait le 6 septembre 1617[8] et rédigé par Jean VATABLE « pasteur du Sainct Evengille de l’église réformée de Coullonges les royaux » dont elle a prié « d’escrire, le (mien) testament ».

 

Elle donne une somme d’argent à sa filleule, « Jehanne Vattablé cent francz … et advenant le trespas de ladicte Jehanne, je les donne à Judith, et advenant le décès des deux, que ma commère Catherine Roy, femme dudit Vatablé, luy soit pour propre … ».

 

Leur fille Anne est née plus tard, vers 1623.

 

 

 

Une branche Vatable de La Rochelle

 

Il existe également une autre branche VATABLE établie à la Rochelle dont un de ses membres s’établira au 18ème siècle en Guadeloupe.

 

Le premier des VATABLE recensé à La Rochelle (Samuel Vatable) est de la même génération qu’Antoine. Peut-être est-ce un frère ou un cousin qui a émigré également en Aunis.

 

En tout cas la parenté est probable puisque Samuel VATABLE est aussi pasteur à Nieul (17). Il épouse Rachel GUILLEAUDEAU en mars 1595 ou bien 1598. Il décède en 1601.

 

A noter qu’un Samuel VATABLES est cité[9] comme ayant acquis un diplôme de docteur à l’Université d’Oxford en 1590 et qui est désigné comme « Français pourvu de grades à Bâle ».

 

F. de Schickler précise qu’il est ensuite pasteur à Luneray en 1593 mais cette information n’est pas corroborée par les autres documents étudiés qui donnent à penser qu’il s’agit en réalité d’Antoine et non de Samuel.

 

Ce Samuel VATABLE pourrait être cependant celui qui est pasteur à Nieul et qui est évoqué ci-dessus.



[1] Comme elle a eu son dernier enfant en 1662 soit raisonnablement pas plus tard qu’à l’âge de 42 ou 43 ans, on peut raisonnablement supposé qu’elle est née en 1619 ou 1620.

[2] (voir archives numérisés de Vendée dans « actes des protestants »)

[3] Le pasteur Rivierre estime plausible la date de 1688 car les biens ont été saisis et il est noté que la « taille a tout consommé pour 1689 » ce qui indiquerait un départ récent.

[4] On trouve des références à Pierre Vatable et à Marie Brevet dans plusieurs publications (« Ireland’s huguenots and their refuge » R. Hylton, « Huguenot pedigrees » C.Lart et dans les publications de la Huguenot Society of London).

[5] Bibliothèque d’humanisme et de renaissance, travaux et documents (périodique), éditions Droz, Genève, 1949, page 224 dans liste des étudiants français inscrits à l’Académie de Genève aux 16ème et 17ème siècles.

[6] Archives de Vendée page 153 du microfilm. Une transaction sur le contrat de mariage aura lieu en 1618 entre la veuve de Jacob Le Roy et Jean Vatable (page 387 du microfilm)

[7] Les pasteurs du Poitou en 1620 et 1626 comptent trois VATABLE. Le père est indiqué comme étant « déchargé » de son office à Puybelliard (85) en 1620, Vatable dit « l’aîné », pasteur à Foussay (85) et « J. Vatable le puîné », est pasteur à Coulonges.

[8] Renée Girard est veuve de Louis Viault. Ce sont les beaux parents de Louis du Vergier qui appartient à la famille du Vergier de la Rochejacquelein. Le testament constitue une des pièces du chartrier de cette famille retrouvé en 1820 (voir « archives historiques du Poitou » 1926, vol. 44 pages 56 et 57).

[9] Voir « les églises du refuge en Angleterre » de F. de Schickler, note de bas de page (2), page 244, Tome 1.

 

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